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 Rester fidel à soi même

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MessageSujet: Rester fidel à soi même   Rester fidel à soi même EmptyMar 16 Juil - 10:03

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Je regardais l’horizon avec cette boule au ventre, inlassable, qui ne semblait jamais vouloir me quitter. Depuis la mort d’Isaac, je ne regardais plus la mer du même œil. Pourtant, mon père voguait tous les jours au loin, dans le but de rapporter un maximum de poissons. J’attendais sur le sable chaud, trafiquant quelques pièges à poissons avec des filets et crochets. J’étais plus doué avec mon harpon, mais je n’osais plus m’éloigner pour pêcher les gros poissons. Pourtant, je connaissais la mer aussi bien que ma poche. Mon père m’avait prédit un bel avenir de marin, mais je n’y croyais pas vraiment. On avait déjà misé mon nom plusieurs fois pour des tesserea afin de sauver ma mère de sa fièvre.  J’ai à peine 14 ans et mon nom est inscrit 18 fois. Je crains d’être choisi pour les Hunger Games et je me sens loin d’être prêt. Bien sûr, je suis un carrière et de ce fait, je suis entrainé pour ces jeux, mais au fond, je n’ai aucune confiance en moi. Quand je vois mes plus proches amis qui usent des armes comme de simples jouets, j’ai peur. Je n’ai jamais eu l’âme d’un tueur. Ce que j’aime, c’est la mer, me baigner et pêcher du poisson. Le combat ce n’est pas mon truc, c’est loin de l’être.

Ma sœur vient me rejoindre. Elle ramasse des coquillages blancs sur le sable pour confectionner un collier. Depuis la mort de maman, elle en fabrique des dizaines par semaine, qu’elle revend sur le marché. Malgré les bonnes pêches de mon père, nous ne sommes pas riches. On se serre les coudes, car la pêche n’est plus si abondante qu’avant. Je ne suis pas le plus à plaindre. Une fois, j’ai eu le privilège de prendre le train pour rejoindre de la famille dans le district 12. Ils sont bien plus pauvres que nous, bien plus maigres et n’ont pas les mêmes chances de s’en sortir que nous. Je les plains tellement. Chaque moisson, je prie pour que le nom de ma cousine ne soit pas tiré au sort. Mais je ne pense pas qu’elle ira aux Hunger Games. Récemment, nous avons reçu une lettre disant qu’elle était terriblement malade. Alors, pour la énième fois, j’ai posé mon nom contre un tesserae. J’angoisse, mais la vie continue.

Eloise chantonne en choisissant les plus beaux coquillages. Je souris. Elle a 12 ans cette année et heureusement pour elle, son nom n’est inscrit qu’une fois. Les probabilités pour qu’elle soit choisie sont minces, donc ça me rassure en quelque sorte. Mais on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise. Eloise est aussi trouillarde que moi, voire plus. A l’école, tout le monde la traite de pleurnicharde. Pourtant, elle pourrait se débrouiller facilement face à un tribut du district 8 ou 10, j’en suis convaincu. Mon regard se porte toujours sur l’horizon en espérant revoir le bateau de papa. Nous habitons juste en bord de mer, dans une vieille maison en bois gris. Des nuages lourds se forment et j’espère de tout cœur que mon père n’est pas pris dans une tempête. Je serre si fort les nœuds de mon piège à poissons, que je me pique le doigt avec un crochet.

« Aie ! »
Je suce mon pouce, lorsque j’aperçois une silhouette familière. Johanne Anderson. Elle a un an de plus que moi, mais en parait largement plus. C’est une jeune fille, fine et belle, bien trop belle pour moi. J’ai toujours été intimidé par sa présence. Je la plains un peu, parce qu’elle n’a plus de famille … ils sont tous morts pendant la rébellion et la voilà seule. Pourtant, c’est une fille vachement douée. Mais je pense surtout qu’elle est animée par la vengeance. Moi, j’ai aucun booste qui me permet de vouloir me donner à fond lors des entrainements. Mais chacun à ses défauts et ses qualités. Je suis un excellent nageur et je me débrouille très bien au harpon. Bien sûr, ça personne ne le sait, vu que je cache mon jeu.  Que fait-elle sur la plage ? N’a-t-elle pas autre chose à faire ? Je cache mon pouce dans mon marcel blanc, qui devient très rapidement rouge. Mince, cette entaille est plus profonde que je ne l’imaginais.

« Salut Johanne … » dis-je dans un semi soupire.
Je m’écarte légèrement de mon « plan de travail », laissant avec amertume mon piège à poissons à la porte du dangereux personnage. Je ne distingue pas vraiment son visage, elle se trouve en contre-jour. Détestant me sentir en position de faiblesse, je me lève, tenant fermement mon pouce dans le tissu de mon marcel.
« Qu’est-ce que tu viens faire là ? » lançais-je d’un ton laconique.
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